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Les mediums artistiques dans la thérapie avec l'enfant.

  • Photo du rédacteur: Bongue Camille
    Bongue Camille
  • 18 août 2018
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 18 juin 2021


Le jeu, le dessin et la pâte à modeler

dans la thérapie de l’enfant.


Dans le cadre d’une psychothérapie, il n’est pas toujours facile, pour l’enfant, de parler, d’exprimer ce qu’il ressent ; la timidité, une certaine inhibition ou un sentiment d’être perdu peuvent l’entraver dans sa parole, voire, parfois, l’enfermer dans un mutisme passager.

Dans ces cas-là, j’ai recours aux « médiations thérapeutiques » que sont le jeu, le dessin et la pâte à modeler. Pour cela je m’appuie sur les techniques de différents auteurs.


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gisela_PankowA travers les jeux symboliques (petits personnages, constructions, etc…), l’enfant met en scène des situations conflictuelles ou problématiques de sa vie quotidienne, il trouve un espace où exprimer ses émotions de façon détournée (colère, tristesse, peur…).

Donald Woods Winnicott, psychanalyste anglo-saxon, a deux manières de définir le jeu, à travers deux termes différents en anglais : « game » et « play ». Le game est constitué par le jeu avec des règles à suivre, un cadre à respecter. Dans la thérapie, il s’agit plutôt du play : jeu libre, où l’enfant déploie son imagination et construit ses propres règles.

A travers les jeux que l’enfant invente lui-même, je pose des questions, et soudain, la parole s’exprime : l’enfant m’explique, me raconte, et je peux associer ses dires avec sa situation d’enfant, dans la famille, le groupe, l’école…


      Il en va de même pour le dessin, quoique plus libre encore. L’enfant y projette des éléments inconscients, y exprime ce qu’il ne parvient pas à dire par la parole. Les dessins sont ensuite interprétés : comment se représente-t-il ? Comment se place-t-il dans sa famille ? Et bien d’autres choses encore, selon qu’un personnage prend toute la place sur le dessin ou au contraire est tout petit, par exemple. Les conflits familiaux viennent à s’exprimer, et ici encore, l’enfant est invité à parler de son dessin. A partir de ces paroles, j’associe avec mes propres ressentis, j’interpète, et lui et moi entrons dans un dialogue qui a fonction de libération (pulsionnelle, conflictuelle, inconsciente…). Je m’appuie, pour se faire, sur l’expérience et la théorie de Françoise Dolto, qui enseigne que l’on peut « décrypter » dans un dessin, la constellation familiale et les enjeux inconscients qui travaillent l’enfant.

     Une autre technique, le « Squiggle », inventée par Winnicott, consiste à faire des dessins à deux, chacun son tour dessinant un petit élément graphique. Outre que l’imaginaire trouve à s’y exprimer en rapport avec l’autre, cela crée entre l’enfant et moi un espace de confiance, de « transfert » : le lien est souvent rapidement créé à travers cette technique.


     Enfin, le maniement de la pâte à modeler apporte encore autre chose : grâce à la dimension tactile, l’enfant s’apaise. Par ailleurs il donne une représentation en volume de lui-même, situant ce qu’on appelle « image du corps » et « schéma corporel », qui me renseignent sur sa façon d’habiter son corps et l’espace en général. Cela permet également (au même titre que le jeu et le dessin) de mesurer d’une certaine manière la maturité de l’enfant.Ces techniques sont issues de la théorie de Gisela Pankow, qui pose que grâce à l'utilisation de la pâte à modeler, l'image du corps peut être structurée et réparéelorsque celle-ci est "endommagée". 

        Toutes ces techniques servent également, pour l’enfant, à décharger le trop plein de ses émotions : colère, agressivité, frustration… qui trouvent un cadre où s’exprimer et se dépasser.

     Au bout de quelque temps, la parole se libère et s’élabore, jusqu’à reprendre la majeure partie de la place dans la thérapie.

Ces trois techniques permettent une résolution souvent rapide de nombreuses problématiques et symptômes infantiles.

         

     A travers l’évolution de l’emploi de ces trois médiums artistiques à la thérapie, on observe peu à peu l’évolution de l’enfant, son affirmation de soi, ses progrès, son chemin vers un mieux-être.

       C’est en s’exprimant pleinement dans ces trois « espaces créatifs et thérapeutiques», que l’enfant se rencontre lui-même, s’autonomise et s’épanouit, renouant avec une parole qu’il peut lui-même élaborer et échanger plus librement avec son entourage.


         En somme, c’est en créant que l’on se crée soi-même, et cela débute dans l’enfance.


 
 
 

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