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Aquagraphie : tout ce que l'encre et l'eau libèrent...

  • Photo du rédacteur: Bongue Camille
    Bongue Camille
  • il y a 55 minutes
  • 2 min de lecture


L’aquagraphie (théorisée par l’art-thérapeute fondateur Jean-Pierre Klein), est une peinture aléatoire réalisée sans idée préconçue. C’est le contraire d’un dessin maîtrisé. Non pas une représentation mais un surgissement de l’imprévu, avec lequel le patient est invité à jouer, en toute sécurité, dans l’espace neutre et contenant du cabinet.


 

Elle consiste à mouiller intégralement une feuille de papier et d’y faire des taches successives, avec des encres ou de l’aquarelle. Il s’agit de jouer avec les formes spontanées, jusqu’à ce que cela suggère quelque chose. L’eau colorée, au hasard des reliefs et des creux du papier aquarelle, laisse apparaître des points renforcés, ou un au contraire des vides, qui commencent à faire sens. Les images mentales se matérialisent sur le papier qui leur sert de support, d’écran de projection.


L’aquagraphie comme médiation artistique permet un déconditionnement. Elle ouvre un espace de créativité et de rêverie. Le patient redécouvre un espace paisible à l’intérieur de lui-même, espace de détente qui fait passer la réalité quotidienne au second plan. Au rythme du pinceau sur la feuille, il voit émerger du fond de lui-même des manifestations de son inconscient, une dilution progressive de ses angoisses, et une verbalisation possible de ses émotions.


Dans la technique de l’aquagraphie-écriture, élaborée par l’art-thérapeute Maryse du Souchet Robert,

l’« aquagraphiste » est invité à interpréter spontanément ces taches en usant d’expressions comparatives :

« Je vois,

on dirait

ça ressemble à… »


Pendant qu’il formule ces évocations, l’art-thérapeute les retranscrit, se faisant en quelque sorte le secrétaire de son patient. Le silence attentif de l’art-thérapeute est central : il s’agit de ne pas empiéter sur le processus créatif et l’imaginaire du patient. Quand elle est proposée aux enfants, le rapport ordinaire d’écoute s’inverse : c’est l’art-thérapeute qui fait silence, et non plus l’enfant qui se tait en écoutant les impératifs de la parole de l’adulte.




Ce processus créatif provoque l’émergence d’un langage émotionnel : peu à peu, la tache se transforme en image et l’image en vision. On assiste à la naissance d’un langage poétique singulier, propre à chacun et à la séance présente. C’est aussi l’occasion d’une remémoration : les associations libres du patient peuvent le ramener à des souvenirs. Il vit alors une expérience psychique très forte, car il est renvoyé à des impressions, des sensations que la réalité a gravées dans l’obscurité de sa mémoire.

 

L’aquagraphie thérapeutique est tout à la fois une découverte et une redécouverte de soi-même. L’art-thérapeute est le compagnon de passage du connu à l’inconnu et inversement. Ce mouvement d’aller et retour ouvre un espace de flottement psychique qui rend la rêverie possible, en tant qu’elle est bordée par la présence sécurisante de l’art-thérapeute, et grâce au cadre de la séance (rituel de mise en place, séance, rangement). Le rôle de l’art-thérapeute est de favoriser une plongée dans l’univers poétique et une remontée vers la communication.


 

Pour plus de précision, il faut rappeler que l’aquagraphie plonge ses racines dans l'histoire de l'art, notamment ce qu'on a appelé le "tachisme" d'un Henri Michaux... 

 
 
 

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